Biographie des artistes


Quand se présente un atelier d’artiste et qu’Emmanuel Thébaud désire le faire connaître ou redécouvrir, il en réalise une exposition. La présentation de chaque artiste est dans la rubrique artistes et les dates des expositions sont dans la rubrique exposition. Souvent, après les expositions, vous trouverez des œuvres de ces artistes chez Emmanuel Thébaud.


Maurice Cadou Rocher (né en 1940)

Maurice Cadou Rocher est né à Nantes en 1940. Autodidacte, il est influencé par le cubisme au début et le surréalisme par la suite. De nombreux salons et expositions le font connaître aux amateurs : 1960 Galerie la Prou à Nantes, 1964 Salon de l’Art libre, 1966 Salon des indépendants, 1965-1967 et 1972 Galerie Bourlaouen à Nantes, 1969 à Cardiff, 1971 Galerie Michel Columb à Nantes, ainsi qu’au Musée des Beaux-Arts de cette même ville, avec le groupe Archipel auquel il adhère en 1969. De surcroît, il obtient le Prix Laffont par la ville de Nantes en 1971. Cadou Rocher fait naître des formes étranges, insolites qu’il travaille souvent à la colle et à l’eau, recherchant par ces techniques les transparences de couleur. Mais l’artiste n’a pas une « manière », il multiplie les expériences graphiques et chromatiques, donnant au fil des années une identité propre à son œuvre. Aujourd’hui, faisant une pose dans sa peinture, Maurice Cadou Rocher a choisi la sculpture pour voyager.

Emmanuel Thébaud


Alain Douillard (né en 1929)

Alain Douillard est né en 1929 à Nantes. Il entre à l’école des Beaux-arts de cette même ville en 1946 où il étudie le modelage, le moulage et la taille dans la classe de Jean Mazuet. En 1950, Alain Douillard est lauréat du Prix Laffont. Sa première exposition personnelle a lieu à la Galerie Bourlaen à Nantes en 1952 ; s’égraine ensuite une multitude d’expositions personnelles et collectives à Nantes bien sûr, mais aussi à Paris et à l’étranger. En 1964, c’est la création du groupe Love avec Dabin, Dauce, et Deman. Cette même année, il crée ses première œuvres abstraites et réalise de nombreux travaux pour l’état, dont une sculpture monumentale « Le Manège » parc du Roy d’Espagne à Marseille en 1972. Dans son parcours, d’autres dates sont importantes : 1966, premières sculptures combinant métal et laiton. 1969, premières sculptures « signal » en métal rouillé. 1970, début des œuvres en tôle d’acier découpé et soudé. 1972, sculptures en inox et premiers « mobiles ». 1933, amorce d’un retour à des formes végétales stylisées, toujours traitées en inox. 2004, exposition rétrospective au Moulin Gautron à Vertou. Alain Douillard, en continuelle recherche de matière et de forme dans sa sculpture, s’intéresse également aux éléments de décoration fonctionnelle tels que les meubles et les cheminées.

Emmanuel Thébaud

 

Jorj Morin (1909-1995)

jorj morin, huile sur toile« L’exploration technique incessante est la condition de la poétique moderne« , par cette phrase, Jean Leymarie pour l’exposition à la Demeure en 1974 résumait parfaitement le travail de Jorj Morin. Jorj Morin est né à Cholet en 1909. Installé à Nantes en 1931, il exerce une activité de graphiste publicitaire. Il participe activement aux manifestations du Groupe Régional Indépendant dans les années 1950 avec Louis Ferrand et Michel Noury et assure la présidence des Amis de l’Art de 1948 à 1970. Il fait aussi partie du groupe artistique nantais Archipel. Ses notes d’atelier « Naissance de la peinture » fiurent éditées en 1973 chez Grasset. Jorj Morin laisse derrière lui une œuvre aux multiples facettes : mobilier, peinture, dessin, gravure, tapisserie, mosaïque… De nombreuses expositions personnelles lui sont consacrées à l’étranger, à Paris, en province comme à Nantes à la Galerie Michel Colomb et à la galerie Convergence. En 1975, le Musée des Beaux-Arts de Nantes et le Château des Ducs de Bretagne offrent au Public une importante rétrospective de son œuvre. Citons encore une exposition au Musée Jean Lurçat d’Angers en 1992 et plus récemment, en 2005, celle du Musées de Cholet. « Le résultat final des expériences du peintre et de ses tentatives, ce n’est pas la délivrance d’un message, mais la découverte d’un monde nouveau, inconnu, inexploré avant lui… On s’en aperçoit lorsqu’une « rétrospective » nous fait pénétrer tout à coup dans ces sortes de planètes inviolées. » Jorj Morin, « Naissance de la peinture »

Emmanuel Thébaud

 


Louis Ferrand (1905-1992)

louis ferrand, peinture« Peindre l’écume de l’air » Il ne s’agit ici ni d’anecdotes ni de spectacles mirobolants, encore moins de fantaisies décoratives. Louis Ferrand fut un disciple passionné du Frère et compagnon le Pauvre d’Assise. Pour lui, l’œuvre dans sa sobriété, dans son dépouillement n’a d’autre objet que de « faire entendre le mystérieux et secret chant de l’art au plus profond de soi », ouvrir cette voie subtile qui conduit le regard à l’essentiel, toujours à la recherche de la peinture pure « je ne peins pas, j’efface » ! Car si toute œuvre est abstraite, elle puise néanmoins sa source dans la nature que célèbre François. Îlien de Belle-Isle, Louis Ferrand, qui repose dans son monde, fut en constante osmose avec cette nature qu’il aimait : « Le roc est sous la fleur, sous la mousse, sous la terre« , dans les profondeurs abyssales de la Mer, la nature « est univers, cœur et esprit« . Ainsi, au long d’un dur labeur ascétique, d’une vie obstinée, Louis Ferrand bâtit une grande œuvre : peintures, gravures, dessins, souvent groupés par thèmes, fruits d’un métier exigeant qu’il aimait tant enseigner.

Yves Cosson

 


Simone Le Moigne (1911-2001)

Cuisinière à Paris, ce n’est que vers l’âge de cinquante ans qu’elle se met à peindre. Ce « déclic » dans une période difficile de sa vie a-t-il été provoqué par cette boîte de gouache abandonnée par le fils d’un de ces employeurs ? Toujours est-il que, sans aucune référence artistique et au départ sans pinceau, Simone Le Moigne peint ; retraçant sur la toile la Bretagne de son enfance et de ses souvenirs heureux. Son œuvre abondante évoque la vie des gens de Bretagne, le rythme des saisons, les métiers liés à la terre, des fêtes et des rêves, les animaux, des monuments, des scènes religieuses… Ses peintures sont essentiellement narratives, l’écriture en est authentiquement naïve. Les problèmes proprement picturaux en sont pas de sa compétence, pourtant elle atteint des trouvailles de dessins et d’atmosphères colorées étonnantes. Simone le Moigne est découverte en 1972 par Mademoiselle Marot de la Galerie Michel Columb à Nantes. Depuis, elle a participé à des expositions collectives d’art naïf, notamment en 1973 à « The Primitives » de Chicago, ou en 1976 à « III Mostra Internazionale dei Pittori Naïfs » de Lugano en Suisse ; ainsi qu’aux Salons des Indépendants, d’Automne, de la Société Nationale des Beaux-Arts. De nombreuses expositions personnelles lui sont consacrées à l’étranger, à Paris et en province comme la rétrospective en 1987 à l’Hôtel de Ville de Saint-Herblain, et au Musée d’Art Naïf du vieux château de Laval. Plusieurs musées possèdent des œuvres de l’artiste : le Musée des Beaux-Arts de Nantes, le Musée international d’Art Naïf de Nice, le Musée d’Art Naïf de Max Fourny à Paris, le Musée d’Art Naïf d’Île de France à Vicq, ainsi que le Musée Civico à Lugano…

Emmanuel Thébaud

 


Jean-Émile Laboureur (1877-1943)

Né à Nantes en 1877. En 1895, il étudie le droit à Paris où il demeure trois ans pendant lesquels il rencontre le graveur Auguste Lepère et Toulouse Lautrec qui l’encouragent à pratiquer la gravure et à présenter ses travaux dans diverses expositions. Il arrive le 6 novembre 1903 à New-York, décidé à se consacrer définitivement à l’art. Il vit dans plusieurs villes, en particulier à Pittsburg, comme peintre, graveur, professeur de dessin et conférencier. Il y multiplie les travaux de la grande industrie, sujet particulièrement original. Jean-Émile Laboureur arrive en France en juin 1907 mais repart aux États-Unis et au Canada dès novembre pour y donner de nombreuses conférences. En 1908, il retourne en France ; traverse la Manche pour rejoindre Auguste Lepère ; voyage en Grèce et en Turquie avant de revenir en Frace via l’Italie. Durant cette période, il réalise de nombreuses gravures et aquarelles. À la fin de 1912, l’artiste se fixe à Paris. Les relations prestigieuses qu’il noue lui apportent beaucoup, comme celle avec Apollinaire mais aussi Marie Laurencin. Dans cette période cruciale, il commence à être connu et apprécié, son style s’oriente vers le cubisme. Quand la première guerre mondiale éclate, Jean-Émile Laboureur proche de la quarantaine échappe aux tranchées et est affecté comme interprète auprès de l’armée britannique et américaine. Il réalise de nombreuses estampes consacrées aux scènes du front et de l’arrière. En 1919, il travaille comme graveur et illustrateur de livres. En 1929, il est nommé président du premier comité de l’Art français Indépendant. La fin de l’entre deux guerres est aussi marquée par de grandes commandes d’État. L’artiste s’éteint à Penestin (Morbihan) le 16 juin 1943.

Emmanuel Thébaud

 


Pierre Roy (1880-1950)

pierre roy, aquarelle

Pierre Roy est né à Nantes le 10 août 1880. Son père Donatien partage son temps entre l’aquarelle et son étude de notaire : il lui enseigne le dessin dès le plus jeune âge. Il suit des cours d’architecture à l’école des Beaux-Arts de Paris, puis dans l’école de l’artiste Eugène Grasset, et enfin à l’académie Jullian. Il crée son atelier vers 1903 et peint des commandes et portraits de famille, en dilettante, ce qui fut sans doute l’un des traits les plus saillant de son caractère avec le perfectionnisme. Il voyage en Italie et revient souvent en Loire-Atlantique : il peint alors de nombreux paysages à l’aquarelle. En 1913, il commence à exposer, notamment au Salons des Indépendants et se noue d’amitié avec Guillaume Apollinaire et Giorgio De Chirico. Sa peinture prend un tournant après la guerre lorsqu’il peint en 1919 « Adrienne pêcheuse » (Musée des Beaux-Arts de Nantes), qui lui vaudra d’être considéré comme étant à l’origine du surréalisme. Il rejoint la revue « La Révolution Surréaliste » animée par Aragon, Breton, Éluard au tournant de 1925 et fera partie de la première exposition d’ensemble des surréalistes, rassemblant entre autres Chirico, Picasso, Ernst, Miro et Man Ray. Déclarant « n’avoir aucune philosophie » et dédaignant sans doute l’idéologie révolutionnaire du groupe, il prend ses distances et commence en 1929 à mener une carrière indépendante. Les années 30 lui font un triomphe : il connaît le succès à New-York, à Londres, à Paris et fait notamment partie de la grande exposition « Fantastic Art, Dada, Surréalism » du MoMA en 1936. Après la seconde guerre, sa peinture est plus précise et personnelle que jamais, et Pierre Roy s’intéresse beaucoup au théâtre, à la mise en scène et aux décors. Il illustre « L’enfant de la haute mer » de Jules Supervielle à la NRF et travaille sur un projet d’illustration du « Théâtre complet » de Giraudoux qui ne verra pas le jour. En septembre 1950, il part pour la Bergame où doivent être exposées plusieurs de ses œuvres. On le découvre sans vie dans un hôtel de Milan où il s’était arrêté pour la nuit.

Emmanuel Thébaud

 


Odile de Wismes (née en 1956)

L’exposition « Qui singe qui ? » réunit dix masques de petits et grands singes, tous oeuvres récentes en bronze du sculpteur Odile de Wismes. Inutile de prêter des attributs humains aux singes, ils nous ressemblent tellement, ils sont si proches de nous ! Leurs regards, leurs mimiques en disent long sur nos origines communes. La gamme de leurs expressions semble sans limites. Dans ces conditions l’artiste dont l’oeuvre sculptée compte autant de personnages humains que d’animaux, interroge à juste titre « Qui singe qui ? »
« J’ai débouché dans le blanc, camarades aviateurs, voguez à ma suite dans l’espace sans fin » déclare Malevitch. Odile de Wismes commente cette citation mise en exergue de la présentation de son exposition. « Ce qui me plaît dans la phrase de Malevitch, c’est que nous sommes de minuscules aviateurs, et nous côtoyons des montagnes où parfois l’on entrevoie une faille lumineuse, un passage possible. » La faille lumineuse qui ouvre sur un espace sans fin est ici la fente du regard dans les masques lourds et imposants des singes. C’est elle qui interroge « D’où venons-nous ? Que sommes-nous ? Où allons-nous ? » (Gauguin) et nous renvoie au mystère de l’origine et nous pousse à rechercher très loin, dans le temps, dans l’espace, la part d’animalité qui fonde elle aussi notre humanité.
L’artiste pour réaliser ses oeuvres travaille en étroite collaboration avec la Fonderie, cette antre de feu, où disparaît la sculpture initiale en cire alors que dans les plus grands dangers naît indemne le bronze archaïque. « J’ai travaillé le Gorille comme si, il était né d’un cratère ! » nous dit-elle. Gélada, Langur Francoisi, Orang-Outan… sortent eux aussi de ce feu de la terre. Pour le sculpteur, on l’aura compris, le bronze n’est pas un matériau pratique qui permet l’édition de multiples mais un alliage de métaux venus de l’Âge du bronze, outil à part entière de son processus créatif. La patine faisant le reste.
Odile de Wismes ne joue pas avec le feu, elle maîtrise de manière troublante le rendu d’une expression jusque dans ses frémissements dans ce bronze archaïque, robuste et résistant. Et on demeure surpris et heureux que le fini classique de ses sculptures, leur perfection formelle révèlent tant de sentiments, d’interrogations et d’humour.

Catherine Plassart

 


Emmanuel Phélippes Beaulieux (1829-1874)

phelippes beaulieux, gravure, eaux forteGraveur né aux Croix, près de Nantes, le 5 mai 1829. Il découvre seul les techniques de cet art ou en écoutant les conseils de ses amis Olivier de Wisme ou Octave de Rochebrune. Au total, il grave 115 gravures de 1853 à 1871, d’une extrême originalité : un, il puise ses sujets dans les paysages familiers de son environnement proche, en insistant sur la nature avec une végétation luxuriante dès que le sujet s’y prête. Deux, il reste volontairement à l’écart des courants artistiques de son époque. Ses gravures sont également d’une extrême finesse tant part l’observation du détail que part la véracité des lieux. L’ensemble de son oeuvre donne à voir un monde enchanté et innocent, avec de subtiles lumières. Il décède, aux Croix, le 10 décembre 1874.

Emmanuel Thébaud

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